mardi 13 mai 2014

Tagged Under:

II-OSTÉOLOGIE, MYOLOGIE, ARTHROLOGIE DU MEMBRE THORACIQUE

By: Dr Vétérinaire On: 11:09
  • Share The Gag




  • Dr André Bisaillon
    andre.bisaillon@umontreal.ca
    Dre Christine Théoret
    christine.theoret@umontreal.ca


    II-         OSTÉOLOGIE, MYOLOGIE, ARTHROLOGIE DU MEMBRE THORACIQUE





    1.           Os du membre du chien

    Le squelette du membre thoracique est formé par :

    Ceinture
    Clavicule
    Scapula

    Bras
    Humérus

    Avant-bras
    Radius
    Ulna

    Main
    Os du carpe
    Os métacarpiens
    Phalanges
    Os sésamoïdiens

    Clavicule :

    Chez le chien, la clavicule ne persiste que sous la forme d’un petit noyau cartilagineux ou d’une étroite bande fibreuse enfouie dans le muscle brachiocéphalique, crânialement à l’articulation de l’épaule. Chez le chat, la clavicule forme un petit os allongé, sans articulation avec le reste du squelette, situé crânialement à l’épaule. Chez les autres mammifères domestiques, elle est complètement disparue.

    Scapula :

    La scapula ou omoplate est un os plat, grossièrement triangulaire qui possède deux surfaces, trois bords et trois angles.

    Angle ventral :    constitué par l’extrémité distale de l’os qui porte une surface articulaire peu profonde, la cavité glénoïde pour l’articulation de l’épaule.

    Épine :                   lame qui sépare la face latérale de l’os en une fosse supra-épineuse crâniale et une fosse infra-épineuse caudale.

    Acromion :          élargissement de l’extrémité distale de l’épine scapulaire.

    Fosse Subscapulaire :

                                 forme la presque totalité de la face médiale de l’os.

    Tubercule Supraglénoïde :

                                 petite éminence dans la région proximocrâniale de la cavité glénoïde. Ce tubercule porte lui-même à sa face médiale une très petite élévation, le processus coracoïde.

    Humérus :

    C’est un os long, robuste dont l’extrémité proximale entre dans la formation de l’articulation de l’épaule et l’extrémité distale participe à la formation de l’articulation du coude.

    Tête :                     surface articulaire proximale convexe, bien détachée de l’os pour l’articulation avec la cavité glénoïde de la scapula.

    Sillon intertuberculaire :

    dépression allongée de l’extrémité proximale pour le tendon d’origine du muscle biceps brachial. Il sépare crânialement le grand tubercule du petit tubercule.

    Grand tubercule :

    éminence sur la région crâniolatérale convexe de l’extrémité proximale.

    Petit tubercule :  éminence rugueuse sur la face médiale de l’extrémité proximale. Il est beaucoup plus petit que le grand tubercule.



    Tubérosité deltoïdienne :

    élévation rugueuse sur la face crâniolatérale située environ au tiers proximal de la diaphyse de l’os.

    Condyle :              toute l’extrémité distale de l’humérus, incluant les surfaces articulaires, les épicondyles et les fosses.

    Épicondyles latéral et médial :

    renflements distolatéral et distomédial de l’os pour les attaches musculaires et ligamentaires. L’épicondyle médial s’avance plus caudalement que le latéral.

    Fosse olécrânienne :

    dépression profonde de la face caudale du condyle, délimitée par les deux épicondyles.

    Radius :

    Le radius est l’os le plus court de l’avant-bras. Il croise obliquement l’ulna de sorte que son extrémité proximale est latérale et son extrémité distale est médiale à l’ulna. Vu de profil, le radius occupe une position crâniale à l’ulna.

    Tête :                     extrémité proximale qui porte les surfaces articulaires pour l’humérus et l’ulna.

    Trochlée :              extrémité distale qui comprend une surface articulaire carpienne qui répond aux os du carpe.

    Processus styloïde :

    petite projection arrondie médiale de l’extrémité distale.

    Ulna :

    L’ulna s’effile graduellement de son extrémité proximale à son extrémité distale. Proximalement, l’ulna qui dépasse le radius est caudale et médiale à cet os; distalement l’ulna est latérale et s’articule médialement avec le radius et distalement avec les os ulnaire et accessoire du carpe.

    Olécrâne :             extrémité proximale de l’ulna dont la région proximale arrondie constitue la tubérosité olécrânienne qui forme la pointe du coude. L’olécrâne est légèrement incurvée médialement.

    Échancrure trochléaire :

    concavité articulaire crâniale en forme de demi-lune. Elle répond à la trochlée humérale. Son extrémité proximale constitue le processus anconé ou bec de l’olécrâne. L’extrémité distale de l’échancrure forme deux réliefs articulaires pour l’humérus et le radius, les processus coronoïdes médial et latéral. Le processus médial est plus fort que le latéral.

    Processus styloïde :

    extrémité distale effilée de l’ulna.

    Os du carpe :

    Le carpe est la région proximale de la main comprise entre l’avant-bras et la région métacarpienne. Le carpe inclut les structures molles aussi bien que les os.

    Les os du carpe du chien sont sept petits os organisés en une rangée proximale et une rangée distale superposées.

    La rangée proximale compte trois os qui sont du côté médial au côté latéral, l’os radial (intermédioradial), le plus volumineux, l’os ulnaire et l’os accessoire. L’os accessoire est en position palmaire.

    La rangée distale comprend quatre petits os qui augmentent de grosseur du côté médial au côté latéral. Ce sont le premier (CI), le deuxième (CII), le troisième (CIII) et le quatrième (CIV) os du carpe.

    Os métacarpiens :

    Le métacarpe qui comprend des structures molles et des os est la région de la main comprise entre le carpe proximalemnt et les doigts distalement.

    Il y a, chez le chien, cinq os métacarpiens. Ce sont des os longs numérotés du côté médial au côté latéral de I à V. Le premier métacarpien (Mc I) est très réduit. Proximalement les métacarpiens s’articulent avec les os du carpe correspondants, excepté le cinquième qui s’articule avec le quatrième os du carpe. Distalement, ils s’articulent chacun avec la phalange proximale du doigt correspondant.
    Phalanges :

    Les phalanges forment le squelette des doigts qui, chez le chien, sont numérotés de I à V en allant du plus médial, le pouce ou pollex, au plus latéral. À l’exception du doigt I, chaque doigt possède trois phalanges, une proximale (PI), une moyenne (PII) et une distale (PIII). La phalange moyenne du pouce fait défaut.

    Les phalanges proximales sont plus longues que les phalanges moyennes, elle-mêmes plus longues que les phalanges distales. Chaque phalange distale possède un prolongement courbe, le processus unguéal qui s’avance dans la griffe.

    Os sésamoïdiens :

    Les os sésamoïdiens ou sésamoïdes sont de petits os complémentaires développés au voisinage de certaines articulations, dans l’épaisseur de formations fibreuses.

    Les sésamoïdiens proximaux sont situés dans les tendons des muscles interosseux à la face palmaire de chacune des articulations métacarpophalangiennes. À l’exception du pouce qui ne compte qu’un seul sésamoïde proximal, chaque autre doigt possède une paire de sésamoïdiens proximaux.

    Un très petit os sesamoïdien dorsal, de forme sphérique, est placé dans les branches terminales du tendon du muscle extenseur commun des doigts, à la jonction métacarpophalangienne. Cet os fait toujours défaut dans le pouce.


    2.           Os du carpe, du métacarpe et du doigt du cheval

    Os du carpe :

    Le carpe du cheval comprend habituellement sept os disposés en rangée proximale et en rangée distale. La rangée proximale est formée du côté médial au côté latéral par l’os radial, le plus gros de la série, l’os intermédiaire, l’os ulnaire et l’os accessoire placé du côté palmaire. Ce dernier est de forme discoïde et aplati d’une face à l’autre. Cette rangée proximale articule avec l’aspect distal du radius, auquel est fusionné l’épiphyse distale de l’ulna (le processus styloïde) latéralement. Cette fusion entre les os de l’avant-bras prévient la supination et la pronation chez le cheval (et les ruminants). La rangée distale du carpe compte en principe trois os (CII-CIII-CIV) alignés de médial à latéral. CIII, large et plat, est le plus volumineux de la rangée. Chez certains spécimens, le premier os du carpe (CI) peut être présent (à ne pas méprendre pour une fracture à la radiographie). Dans ces cas, le carpe compte huits os. Lorsque présent, CI est très petit et placé à la face palmaire de CII dans le ligament palmaire du carpe.

    Une inflammation de la plaque épiphysaire peut survenir chez le poulain en croissance rapide et entraîner un affaissement du côté médial ou latéral de l’aspect distal d’un os long. Cette condition affecte fréquemment le radius distal et résulte en une déviation angulaire du membre distalement à l’affaissement (valgus, varus).

    Os métacarpiens :

    Le squelette de la région métacarpienne est formé par trois os métacarpiens, le premier et le cinquième étant disparus. Seul le métacarpien III, encore appelé os canon, est très developpé et participe au support du poids du corps. Son extrémité proximale est quelque peu élargie transversalement et ses surfaces articulaires sont planiformes. Son extrémité distale montre deux condyles articulaires séparés par un relief sagittal bien marqué.

    Les deux métacarpiens accessoires ou rudimentaires sont l’un médial (McII) et l’autre latéral (McIV). Ce sont des os allongés, plaqués à la face palmaire près des bords correspondants du métacarpien principal. Chacun se termine environ aux trois quarts de la longueur de l’os canon par un petit renflement ou bouton, non articulaire.

    Une inflammation du ligament suspenseur du boulet (muscle interosseux) peut mener à la fracture de l’os métacarpien accessoire, surtout au niveau de sa terminaison mince et fragile (bouton). Un cal osseux sera formé alors que l’os tente de se réparer et irritera davantage le ligament. Cette condition, plus fréquente chez le cheval de course, est nommée : suros.

    Phalanges :

    Le cheval n’a qu’un seul doigt (III) qui fait suite au métacarpien principal. Chez les mammifères, l’ordre de disparition des doigts est I, V, II, IV, le doigt I étant le plus médial et le doigt V, le plus latéral. Chez le cheval, la chataîgne, petite production cornée à la face médiale de l’avant-bras proximalement au carpe, n’est pas un vestige digité mais bien celui du coussinet carpien. Une autre petite formation cornée, l’ergot à la face palmaire de la région métacarpophalangienne est un vestige de coussinet métacarpien.

    Les trois phalanges qui forment le squelette du doigt sont fortes et alignées de façon à former un segment souple, oblique en direction distodorsale. La phalange proximale (PI) est relativement longue; la phalange moyenne (PII) est presque cuboïde; la phalange distale (PIII) est un os court, large, de forme tronconique et qui est située à l’intérieur du sabot. Elle est criblée de nombreux petits trous vasculaires qui donnent accès à un canal intra-osseux vasculonerveux. La face proximale articulaire est concave et se relève du côté dorsal en un processus de l’extenseur qui reçoit le tendon de l’extenseur commun des phalanges. Chacun des deux angles caudaux de PIII donne attache à l’état frais à une plaque fibrocartilagineuse, le cartilage complémentaire ou latéral de la troisième phalange. Ce cartilage, qui agit dans la mécanique de l’absorption du choc lorsque l’animal pose le membre sur le sol, s’ossifie généralement chez les vieux sujets.

    Os sésamoïdiens :

    Deux sésamoïdiens proximaux ou grands sésamoïdiens complètent chez le cheval l’articulation métacarpophalangienne (boulet). Le sésamoïdien latéral est un peu plus gros que le médial (vu à la radiographie). Chacun de ces os a une forme pyramidale à sommet proximal. Chacun reçoit des attaches ligamentaires importantes et s’articule avec la face palmaire d’un condyle du métacarpien principal.

    Un sésamoïdien distal, ou encore os naviculaire à cause de sa forme allongée transversalement (ressemblant à un petit bateau), est placé à la face palmaire de l’articulation interphalangienne distale entre le tendon du fléchisseur profond des phalanges, d’une part, et les phalanges moyenne et distale, d’autre part.

    Le syndrome naviculaire du cheval résulte d'une dégénérescence de cet os avec inflammation des structures avoisinantes.


    3.           Muscles du membre du chien

    Les muscles du membre thoracique sont groupés en muscles extrinsèques et en muscles intrinsèques.

    Muscles extrinsèques

    Ce sont ceux qui attachent le membre au squelette axial. Ces muscles déplacent le membre, la tête, le cou ou le tronc, selon la position ou l’appui du membre au sol lorsqu’ils se contractent.







    Les muscles extrinsèques sont les muscles :

    Pectoral superficiel
    Pectoral profond
    Brachiocéphalique
    Omotransversaire
    Trapèze
    Rhomboïde
    Grand dorsal
    Dentelé ventral

    Le m. pectoral superficiel s’étend du sternum au grand tubercule de l’humérus. Il est subdivisé en un m. pectoral descendant et un m. pectoral transverse. Il fait l’adduction du membre ou empêche son abduction lorsque le membre est en appui. Il est innervé par des nerfs pectoraux.

    Le m. pectoral profond va du sternum à l’extrémité proximale de l’humérus. Son action est variée; lorsque le membre est en appui, il tire le tronc crânialement; lorsque le membre est soulevé du sol, il tire le membre caudalement. Il est innervé par des nerfs pectoraux.

    Le m. brachiocéphalique va du bras à la tête et au cou. Le tendon claviculaire situé crânialement à l’épaule le subdivise en un m. cléidobrachial qui rejoint l’humérus et un m. cléidocéphalique. Ce dernier est lui-même subdivisé en partie cervicale qui rejoint le raphé médian dorsal du cou et en partie mastoïdienne qui se termine sur l’os temporal de la tête. Le muscle brachiocéphalique fait avancer le membre et tire la tête et le cou de côté. Il est innervé par le nerf accessoire (11e nerf crânien) et des nerfs cervicaux.

    Le m. omotransversaire s’étend de l’extrémité distale de l’épine de la scapula jusqu’à l’atlas. Il avance le membre ou déplace le cou de côté. Il reçoit son innervation du nerf accessoire.

    Le m. trapèze qui comprend une portion cervicale et une portion thoracique s’étend du raphé médian dorsal du cou et du thorax à l’épine scapulaire. Il fait l’abduction du membre et est innervé par le nerf accessoire.

    Le m. rhomboïde est placé sous le muscle trapèze et maintient le bord dorsal de la scapula près du tronc.  Il comprend une partie de la tête, une partie cervicale et une partie thoracique. Il s’étend de l’os occipital, du raphé médian du cou et des apophyses épineuses des premières vertèbres thoraciques au bord dorsal de la scapula. Il est innervé par des nerfs spinaux cervicaux et thoraciques.


    Le m. grand dorsal est un muscle large, triangulaire qui couvre la presque totalité de la paroi thoracique. Il prend origine par le fascia thoracolombaire qui couvre les muscles épaxiaux sur le ligament supra-épineux et les apophyses épineuses des vertèbres thoraciques et lombaires. Il se termine en commun avec le tendon du muscle grand rond sur la face médiale de l’humérus. Innervé par le nerf thoracodorsal, il tire le membre libre caudalement ou fléchit l’articulation de l’épaule.

    Le m. dentelé ventral est un muscle plat, puissant, étalé en éventail entre le cou et le thorax d’une part et la scapula d’autre part. Il participe activement à la suspension du tronc entre les membres thoraciques et, avec son homologue du côté opposé, il forme une sangle solidement fixée aux deux scapulas. Il prend attache sur les apophyses transverses des cinq dernières vertèbres cervicales et sur les sept ou huit premières côtes. Il se termine sur la face médiale de la scapula. Il reçoit des branches des nn. cervicaux et du n. long thoracique.

    Muscles intrinsèques

    Ce sont ceux qui ont leur origine et leur terminaison sur les os du membre thoracique. Ces muscles sont groupés selon la région où ils sont situés : épaule, bras, avant-bras et main.

    Muscles latéraux de l’épaule

    Deltoïde
    Infra-épineux
    Petit rond
    Supra-épineux

    Les trois premiers muscles sont essentiellement des fléchisseurs de l’épaule (articulation scapulo-humérale). Le m. supra-épineux est un extenseur de l’épaule. Les mm. deltoïde et petit rond sont innervés par le nerf axillaire; les mm. supra et infra-épineux le sont par le nerf suprascapulaire.

    Le m. deltoïde comprend une partie scapulaire et une partie acromienne qui se fusionnent proximalement à leur terminaison sur la tubérosité deltoïde de l’humérus. La partie scapulaire prend origine par une forte aponévrose qui recouvre le muscle infra-épineux sur l’épine scapulaire; la partie acromienne s’attache sur l’acromion.

    Le m. infra-épineux occupe la fosse infra-épineuse de la scapula. Il se termine par un fort tendon sous lequel se trouve une bourse synoviale sur le grand  tubercule de l’humérus.

    Le m. petit rond est un muscle court situé caudalement à l’articulation scapulo-humérale. Il s’étend du bord distocaudal de la scapula au grand tubercule huméral.

    Le m. supra-épineux remplit la fosse supra-épineuse qu’il déborde crânialement, de sorte qu’il est en partie fusionné avec le m. subscapulaire médialement. Il se termine par un puissant tendon sur le grand tubercule de l’humérus.

    Muscles médiaux de l’épaule

    Subscapulaire
    Grand rond
    Coracobrachial

    Le m. subscapulaire est un muscle plat qui occupe toute la fosse subscapulaire de la face médiale de la scapula. Il se termine sur le petit tubercule de l’humérus. Il est innervé par le nerf subscapulaire et participe à l’adduction et à la stabilisation de l’articulation scapulo-humérale.

    Le m. grand rond est situé caudalement au muscle précédant avec lequel il est partiellement fusionné dans sa partie proximale. Il prend origine sur le bord proximocaudal de la scapula et rejoint distalement le tendon de terminaison du m. grand dorsal avec lequel se termine sur la face médiale de la diaphyse humérale. Il est innervé par le nerf axillaire et est essentiellement un fléchisseur de l’articulation de l’épaule.

    Le m. coracobrachial est un petit muscle fusiforme qui croise obliquement l’articulation de l’épaule. Il prend origine par un long tendon sur le processus coracoïde et se termine sur l’humérus, distalement au petit tubercule. Il fait l’adduction de l’épaule et agit également comme faible extenseur de cette articulation. Il reçoit son innervation du nerf musculocutané.

    Muscles caudaux du bras

    Ce groupe de muscles occupe presque tout l’espace compris entre le bord caudal de la scapula et l’olécrâne. Tous les muscles caudaux du bras sont des extenseurs du coude. Ils sont tous les trois innervés par le nerf radial.

    Tenseur du fascia antébrachial
    Triceps brachial
    Anconé



    Le m. tenseur du fascia antébrachial est un muscle mince et plat qui recouvre la face médiale du chef long du triceps brachial. Il s’étend du fascia qui recouvre le m. grand dorsal jusqu’à l’olécrâne par l’intermédiaire du fascia qui se continue distalement jusqu’à l’avant-bras. Ce fascia est le fascia antébrachial profond qui forme une gaine fibreuse dense pour les muscles de l’avant-bras.

    Le m. triceps brachial forme une grosse masse musculaire dans la région caudale du bras. Il est constitué chez le chien par quatre chefs qui ont une origine distincte mais une terminaison commune par un puissant tendon sur la tubérosité de l’olécrâne. Les quatres chefs sont : les chefs long, médial, latéral et accessoire. Le chef long, le plus volumineux des quatre, n’a aucune attache sur l’humérus. Il s’étend du bord caudal de la scapula jusqu’à la tubérosité de l’olécrâne, où une bourse synoviale est interposée entre le tendon et l’os. Le muscle apparaît divisé en deux parties. En plus de son rôle d’extenseur du coude, le chef long est également fléchisseur de l’épaule. Le chef médial est placé à la face médiale, caudalement à l’humérus. Il prend origine dans la région proximale de la diaphyse humérale. Le chef latéral est situé du côté latéral, distalement au chef long, séparé de ce dernier par un sillon évident. Il tire son origine de la face latérale de l’humérus. Le chef accessoire est situé entre les chefs latéral et médial. Il prend origine du col de l’humérus.

    Le m. anconé est un petit muscle qui remplit presque complètement la fosse olécrânienne au pourtour de laquelle il s’attache. Il couvre la capsule articulaire du coude. Son attache distale se fait sur l’extrémité proximale de l’ulna.

    Muscles crâniaux du bras

    Ce groupe, représenté par deux muscles, le biceps brachial et le brachial, forme le groupe des fléchisseurs du coude. Le nerf musculocutané leur fournit l’innervation.

    Biceps brachial
    Brachial

    Le m. biceps brachial est formé chez le chien comme chez les autres mammifères domestiques par un seul chef. C’est un muscle fusiforme situé à la face crâniomédiale de l’humérus mais n’a, toutefois, aucune attache humérale. Il prend origine par un long tendon sur le tubercule supraglénoïde de la scapula. Le tendon glisse dans le sillon intertuberculaire, protégé par une bourse synoviale intertuberculaire qui communique avec la cavité articulaire de l’épaule. Dans le sillon, le tendon est maintenu par le rétinacle huméral transverse qui forme une bande fibreuse étroite reliant le grand et le petit tubercule de l’humérus. Distalement, le biceps se termine par un tendon bifide sur l’extrémité proximale du radius et de l’ulna. En plus d’être un puissant fléchisseur du coude, il est également extenseur de l’articulation de l’épaule.

    Le m. brachial se moule contre l’humérus en décrivant une sorte de spirale. Il tire son origine du tiers proximal de la face caudolatérale de la diaphyse humérale et se termine sur l’extrémité proximale de l’ulna.

    Muscles crâniolatéraux de l’avant-bras

    Ce groupe de muscles est recouvert par le fascia antébrachial profond qui englobe également les muscles caudomédiaux de l’avant-bras. La plupart de ces muscles se prolongent distalement par un long tendon qui rejoint soit les os du carpe ou du métacarpe, soit les phalanges. Les tendons des muscles qui croisent la face dorsale du carpe sont maintenus par le rétinacle des extenseurs et sont entourés dans cette région par des synoviales vaginales. Le rétinacle est une condensation de fascia carpien dont les fibres orientées transversalement s’attachent sur les os carpiens en formant des ponts pour laisser passer les tendons.

    La majorité de ces muscles ont leur origine sur l’épicondyle latéral de l’humérus. Ce sont pour la plupart des extenseurs du carpe et/ou des doigts. Tous sont innervés par le nerf radial.

    Les muscles superficiels de ce groupe sont en ordre crâniocaudal les muscles :

    Extenseur radial du carpe
    Extenseur commun des doigts
    Extenseur latéral des doigts
    Ulnaire latéral

    Les muscles situés plus profondement sont les muscles :

    Supinateur
    Long abducteur du pouce (extenseur oblique du carpe)

    Le m. extenseur radial du carpe est le plus volumineux des muscles crâniolotéraux de l’avant-bras. Il est placé sur la face crâniale du radius. Son tendon terminal rejoint l’extrémité proximale des métacarpiens II et III.

    Le m. extenseur commun des doigts est un peu plus petit que le muscle précédant. Dans la région du carpe ou distalement, son tendon se divise en quatre branches qui rejoignent chacune la phalange distale des doigts II, III, IV et V.

    Le m. extenseur latéral des doigts est le plus petit des muscles superficiels crâniolatéraux de l’avant-bras. Il est placé entre l’extenseur commun des doigts et l’ulnaire latéral. Son tendon terminal trifurque et chaque branche s’attache sur les phalanges des doigts III, IV et V, en s’unissant aux branches tendineuses de l’extenseur commun des doigts.

    Le m. ulnaire latéral est le plus caudal des muscles de ce groupe; son tendon se termine sur l’os accessoire du carpe et sur l’extrémité proximale du métacarpien V. Bien qu'associé au groupe des extenseurs, l’ulnaire latéral est chez les animaux domestiques, à cause de sa terminaison à la face palmaire du carpe, fléchisseur et abducteur du carpe.

    Le m. supinateur est un muscle court placé obliquement dans la région proximale du radius, sous les muscles extenseurs. Ses fibres croisent obliquement l’angle de flexion du coude. Il est ainsi fléchisseur du coude et permet la supination.

    Le m. long abducteur du pouce, encore nommé muscle extenseur oblique du carpe, est situé en profondeur dans le sillon entre le radius et l’ulna sur lesquels il prend origine. Son tendon de terminaison croise obliquement celui de l’extenseur radial du carpe et s’attache sur le premier os métacarpien. Il est extenseur du carpe et  abducteur du premier doigt.

    Muscles caudomédiaux de l’avant-bras

    La majorité des muscles de ce groupe ont un tendon distal qui se termine soit sur les os du carpe ou les os métacarpiens, soit sur les phalanges. Les tendons qui croisent la face palmaire du carpe sont entourés par des synoviales vaginales et maintenus dans le canal carpien par le rétinacle des fléchisseurs. Le rétinacle est une bande fibreuse épaisse étendue comme un pont de l’os accessoire du carpe au bord médial des os carpiens. Le canal carpien est une sorte de tunnel dont les parois sont constituées par la face palmaire du carpe, l’os accessoire du carpe et le rétinacle des fléchisseurs.

    La plupart des muscles antébrachiaux caudomédiaux prennent origine sur l’épicondyle médial de l’humérus et la majorité sont des fléchisseurs du carpe et/ou des doigts. Ils sont innervés par le nerf médian ou le nerf ulnaire ou, pour certains, par les deux nerfs à la fois.







    Les muscles de ce groupe disposés en une couche superficielle sont en ordre crâniocaudal les muscles :

    Rond pronateur
    Fléchisseur radial du carpe
    Fléchisseur superficiel des doigts
    Fléchisseur ulnaire du carpe

    Les muscles de ce groupe qui forment la couche profonde sont les muscles :

    Fléchisseur profond des doigts
    Carré pronateur

    Le m. rond pronateur couvre environ le tiers proximal du bord médial du radius sur lequel il se termine. Il permet la pronation de l’avant-bras.

    Le m. fléchisseur radial du carpe est fusiforme et recouvre une grande partie du fléchisseur profond des doigts. Vers le milieu du radius, il se continue par un tendon plat qui se termine à l’extrémité proximale des os métarcarpiens II et III.

    Le m. fléchisseur superficiel des doigts est placé sous le fascia antébrachial caudomédial et recouvre le fléchisseur profond des doigts. Juste proximalement au carpe, sa portion charnue se continue par un tendon unique qui traverse le canal carpien avant de se diviser en quatre branches destinées chacune aux doigts latéraux. Au niveau de l’articulation métacarpophalangienne de chaque doigt, la branche tendineuse du fléchisseur superficiel forme un anneau (manica flexoria) de façon à laisser passer le tendon du fléchisseur profond des doigts. Au niveau de chaque articulation métacarpophalangienne, les branches tendineuses des deux mm. fléchisseurs des doigts sont maintenues par une bride fibreuse, le ligament annulaire palmaire. Au niveau des phalanges proximale et moyenne de chaque doigt, deux autres bandes étroites, les ligaments annulaires digitaux proximal et distal maintiennent les tendons en place. Chaque branche tendineuse du m. fléchisseur superficiel des doigts se termine à la face palmaire de la phalange moyenne des doigts II, III, IV et V.

    Le m. fléchisseur ulnaire du carpe est le plus latéral des muscles de ce groupe. Il comprend deux chefs qui ont une origine distincte et qui demeurent distincts sur presque toute leur longueur. Le chef ulnaire prend origine sur l’olécrâne; le chef huméral prend attache sur l’épicondyle médial. Les deux se terminent par un tendon unique sur l’os accessoire du carpe.

    Le m. fléchisseur profond des doigts comprend trois chefs de grosseur très différente qui arrivent de l’humérus, du radius et de l’ulna. Le chef huméral est beaucoup plus gros que les deux autres et peut être divisible en plusieurs faisceaux. Le chef ulnaire est allongé le long du bord caudal de l’ulna sur lequel il prend origine. Le chef radial forme un faisceau très grêle qui s’attache au bord médial du radius. Proximalement au carpe, les tendons des deux chefs accessoires rejoignent celui du chef huméral pour former un tendon unique qui traverse le canal carpien. Distalement au carpe, le tendon unique se divise en cinq branches qui, après avoir traversées l’anneau formé par chacune des branches du fléchisseur superficiel des doigts, se terminent sur la phalange distale de chaque doigt. Au niveau de chaque doigt, le premier excepté, il y a une synoviale digitale commune pour les tendons des fléchisseurs superficiel et profond.

    Le m. carré pronateur occupe l’espace entre le radius et l’ulna sur lesquels il s’attache. Il participe à pronation de l’avant-bras.

    Muscles de la main

    Plusieurs petits muscles sont présents dans la main. Toutefois, seulement les muscles interosseux sont nécessaires à l’étude. Ce sont des fléchisseurs des doigts et sont innervés par le nerf ulnaire.

    Il existe quatre mm. interosseux situés à la face palmaire des quatre os métacarpiens principaux. Chacun prend origine à l’extrémité proximale d’un métacarpien et se termine par un tendon bifide sur un petit os sésamoïdien proximal. Il y a deux os sésamoïdiens proximaux à chaque articulation métacarpophalangienne.


    4.           Muscles et tendons de l’extrémité distale du membre du cheval

    Les injections intra-musculaires chez le cheval se font :

    Dans les muscles du cou (rhomboïde, trapèze, dentelé ventral)
    Dans les muscles fessiers
    Dans les muscles semimembraneux, semitendineux
    Dans le muscle pectoral superficiel

    Cette section est de très grande importance pour le futur vétérinaire équin, qui se doit de connaître à fond l’anatomie de la partie distale du membre du cheval. En effet, un très grand nombre de cas en pratique équine portent sur les boîteries, qui affectent, dans 90% des cas, les structures du membre situées distalement au carpe/tarse.

    Comme chez le chien, les muscles de l’avant-bras du cheval se continuent distalement par de longs tendons qui se terminent soit sur les os du carpe, soit sur l’os métacarpien principal, soit sur les phalanges du troisième doigt.

    Le groupe des extenseurs (muscles extenseur radial du carpe, extenseur commun des phalanges, extenseur latéral des phalanges, ulnaire latéral, extenseur oblique du carpe) occupe la face crâniolatérale de l’avant-bras. À l’exception du muscle ulnaire latéral qui est fléchisseur du carpe, ce sont tous des extenseurs du carpe et les plus longs sont aussi extenseurs des phalanges du doigt III. Au niveau du      carpe, les tendons sont retenus par le rétinacle des extenseurs et sont protégés chacun par une synoviale vaginale qui débute un peu proximalement au carpe et se termine distalement à celui-ci.

    Le groupe des fléchisseurs (muscles fléchisseurs radial du carpe, fléchisseur ulnaire du carpe, fléchisseur superficiel des phalanges, fléchisseur profond des phalanges) occupe la face caudomédiale de l’avant-bras. Ils sont fléchisseurs du carpe et /ou des phalanges. À quelques exceptions près, les fléchisseurs superficiels et profond des phalanges (au lieu des doigts, car il n’y a qu’un seul doigt chez le cheval) se comportent comme ceux du chien. Dans le canal carpien, les tendons des deux muscles sont entourés par une synoviale vaginale commune. Proximalement au carpe, le tendon du muscle fléchisseur superficiel des phalanges reçoit une lame fibreuse rattachée à la face palmaire du radius; c’est le ligament accessoire proximal ou bride radiale. Au repos, ce ligament transfère la tension du tendon au radius avant qu’elle n’atteigne le corps charnu. Il n’y existe pas de ligament équivalent au membre postérieur puisque le tendon du muscle fléchisseur superficiel s’attache au calcanéus. Le tendon terminal du muscle fléchisseur profond des phalanges reçoit quant à lui, à mi-longueur du métacarpe, une lame fibreuse rattachée à la face palmaire du carpe; c’est le ligament accessoire distal ou bride carpienne qui a un rôle similaire au ligament proximal. Tout juste proximalement à sa terminaison sur la phalange distale, le tendon du fléchisseur profond glisse sur l’os sésamoïdien distal (os naviculaire) grâce à une bourse synoviale naviculaire interposée entre le tendon et ce petit sésamoïde.

    Les pathologies affectant les tendons et ligaments de l’aspect distal du membre surviennent communément chez le cheval, et sont fréquemment à conséquences désastreuses pour la carrière athlétique de ce dernier. L’examen de ces structures se fait à l’aide d’échographie.

    Une lacération du tendon du muscle fléchisseur superficiel entraînera une descente du boulet, alors qu’une atteinte du tendon du muscle fléchisseur profond entraînera en plus le relèvement du sabot en pince.

    Les poulains peuvent avoir un tendon fléchisseur des phalanges trop court, résultant en une déformité (contraction) au niveau de l’articulation interphalangienne distale (tendon fléchisseur profond-"club foot"), ou du boulet (tendon fléchisseur superficiel) ou encore du carpe (les deux tendons fléchisseurs des phalanges). Cette anomalie peut être congénitale (le poulain naît avec) ou acquise (due à une croissance rapide). Le traitement consiste en une chirurgie pour couper la bride (desmotomie) du tendon raccourci (radiale pour le tendon superficiel, carpienne pour le tendon profond) ou pour couper le tendon lui-même (tenotomie).

    Chez le cheval, il n’y a qu’un seul m. interosseux dont la texture complètement fibreuse chez l’adulte lui vaut le nom de ligament suspenseur du boulet (articulation métacarpo/tarso phalangienne). Il est plaqué contre la face palmaire du métacarpien principal, entre l’os et le tendon du muscle fléchisseur profond des phalanges. Ses deux branches terminales s’attachent sur les deux os sésamoïdiens proximaux de l’articulation du boulet. Deux autres branches, latérale et médiale, forment les brides du ligament suspenseur et rejoignent à la face dorsale des phalanges le tendon commun des muscles extenseurs latéral et commun des phalanges. Cette union transfère la tension du tendon extenseur au ligament suspenseur.

    L’appareil suspenseur du boulet (ligament suspenseur, os sésamoïdiens proximaux et ligaments sésamoïdiens) est primordial pour le soutien du poids du corps. La rupture du ligament suspenseur ou la fracture bilatérale des os grands sésamoïdiens entraîne l’hyperextension de l’articulation métacarpo/tarso phalangienne, ce qui préviendra au cheval de se  porter sur le membre affecté. Cet accident catastrophique, affectant principalement le cheval de course Thoroughbred résulte le plus souvent en euthanasie de l’animal.


    5.           Articulations de l’épaule et du coude du chien

    A)            Épaule

    L’articulation de l’épaule ou scapulohumérale ou glénohumérale se trouve entre la cavité glénoïde de la scapula et la tête de l’humérus. Elle permet une variété de mouvements mais, chez les animaux domestiques, elle se limite essentiellement à des mouvements de flexion et d’extension.

    La cavité articulaire est limitée par une capsule mince qui s’épaissit quelque peu de chaque côté pour former les ligaments glénohuméraux médial et latéral qui demeurent toutefois faibles. C’est principalement la musculature qui maintient l’intégrité articulaire. La cavité s’étend également autour du tendon d’origine du m. biceps brachial dans le sillon intertuberculaire, formant ainsi une synoviale vaginale pour le tendon. Le rétinacle huméral transverse retient ces formations dans le sillon.

    B) Coude

    L’articulation du coude ou huméroradioulnaire permet essentiellement des mouvements de flexion et d’extension avec toutefois une possibilité d’un peu de rotation. Elle est formée par le condyle de l’humérus, l’extrémité proximale du radius et l’échancrure trochléaire de l’ulna. La cavité articulaire est simple puisque tous ses compartiments communiquent librement entre eux. Des ligaments collatéraux médial et latéral sont placés de part et d’autre de l’articulation et  limitent les mouvements de latéralité. Un mince ligament oblique croise la face crâniale de l’articulation.


    6.           Articulation du carpe, du boulet et des phalanges du cheval

    A)            Carpe

    Le carpe, dont les mouvements sont ceux d’extension et de flexion, comprend trois articulations principales. L’articulation antébrachiocarpienne ou radiocarpienne est située entre l’extrémité distale du radius et la rangée proximale des os du carpe. Cette articulation permet jusqu’à 90o-100o de flexion. L’articulation médiocarpienne est celle entre les rangées proximale et distale des os du carpe. Elle permet jusqu’à environ 45o de flexion. L’articulation carpométacarpienne se trouve entre la rangée distale des os du carpe et l’extrémité proximale des os métacarpiens. Elle permet très peu de mouvements. D’autres articulations intercarpiennes sont présentes entre chacun des os du carpe.

    La capsule articulaire carpienne enveloppe l’ensemble des articulations et présente des renforcements puissants qui se traduisent par de nombreux ligaments dont les ligaments collatéraux latéral et médial. Dorsalement la capsule forme une vaste membrane qui couvre la totalité du carpe depuis la marge du radius jusqu’au métacarpe. Superficiellement elle forme des coulisses tapissées de cartilage pour le glissement des tendons des extenseurs du carpe et des phalanges. Du côté palmaire, un ligament carpien palmaire épais renforci de cartilage nivelle les inégalités de la face du carpe et la transforme en coulisse de glissement pour les          tendons des fléchisseurs, participant ainsi à la formation du canal carpien. Ce ligament se continue distalement par la bride carpienne qui rejoint le tendon du fléchisseur profond des phalanges.

    Quant aux cavités articulaires du carpe, la cavité antébrachiocarpienne est indépendante des autres cavités; les cavités médiocarpienne et carpométacarpienne communiquent librement.

    Il est possible de ponctionner les cavités antébrachio ou médiocarpienne en fléchissant le carpe et en insérant l’aiguille d’un côté ou l’autre du tendon du m. extenseur radial du carpe.

    B) Boulet

    L’articulation métacarpophalangienne ou articulation du boulet est celle comprise entre l’extrémité distale du métacarpien III, l’extrémité proximale de la phalange proximale et les deux os sésamoïdiens proximaux. Les sésamoïdiens ne s’articulent qu’avec le métacarpien principal. Cette articulation permet la flexion et l’extension du doigt. En plus des ligaments collatéraux, plusieurs ligaments, souvent envahis par du cartilage, relient les os entre eux. Parmi ceux-ci, les ligaments sésamoïdiens (droit, oblique et croisé) unissent les os sésamoïdiens à la phalange proximale ou à la phalange moyenne. Ces ligaments, avec le ligament suspenseur et les deux os sésamoïdiens font partie de l’appareil suspenseur du boulet et interviennent dans le mécanisme de la station en agissant comme unité pour stabiliser l’articulation du boulet.

    Du côté palmaire, le ligament annulaire digital proximal retient les tendons fléchisseurs superficiel et profond contre PI.

    La cavité articulaire du boulet s’étend proximalement sur l’extrémité distale du métacarpien principal en formant des culs-de-sac dorsal et palmaire (utilisés pour le prélèvement de liquide synovial ou d'injection intra-articulaire).

    C)            Phalanges

    Les articulations entre les phalanges permettent l’extension et la flexion. L’articulation interphalangienne proximale, encore appelée articulation du pâturon est située entre les phalanges proximale et moyenne du doigt. L’articulation interphalangienne distale, encore qualifiée d’articulation du pied puisqu’elle est située presqu’entièrement à l’intérieur du sabot, implique la phalange moyenne, la phalange distale et l’os sésamoïdien distal ou petit sésamoïde. Chacune de ces articulations est stabilisée par des ligaments collatéraux ainsi que par d’autres formations fibreuses.

    La cavité synoviale de chaque articulation s’étend proximalement contre les faces dorsale et palmaire des os correspondants, formant de petits culs-de-sac proximaux. La cavité articulaire du pied ne communique pas, du moins habituellement, avec la bourse synoviale naviculaire, ou podotrochléaire, située entre le sésamoïdien distal et le tendon du fléchisseur profond des phalanges. De même, elle reste indépendante de la synoviale vaginale entourant le tendon du fléchisseur profond.



    La ponction des cavités articulaires du boulet, du pâturon et du pied est possible en insérant l’aiguille du côté latéral dans le cul-de-sac dorsal de l’articulation respective, sous le tendon du m. extenseur commun des phalanges. Il est également possible de ponctionner l’articulation du boulet dans son cul-de-sac palmaire.


    7.           Appareil de la station du membre thoracique du cheval

    Cet appareil permet au cheval de se reposer en position debout avec un minimum d’activité musculaire (ce qui rend possible sa fuite immédiate en cas de danger).

    Les structures composant l’appareil transmettent la tension des muscles aux os grâce à des éléments fibreux (tendons et ligaments). Ce mécanisme demande moins d’effort musculaire pour empêcher l’affaissement des articulations qui, autrement, auraient tendance à affaisser sous le poids du corps.

    Flexion de l’épaule :

    Le tronc est “suspendu” entre les membres thoraciques par les deux muscles dentelés ventraux qui renferment une grande quantité de tissu fibreux. Le poids du corps a tendance à tirer ventralement les scapulas, ce qui fléchit l’épaule, jusqu’au moment où le tendon d’origine du m. biceps brachial se “contracte” agissant ainsi comme antagoniste et empêchant la flexion de l’épaule.

    Flexion du coude :

    Empêchée par la position des ligaments collatéraux, caudalement à l’axe de l’articulation.

    Flexion du carpe :

    Empêchée par l’action combinée du tendon du biceps brachial, de la lacertus fibrosus et des tendons de l’extenseur radial du carpe crânialement et caudalement par les tendons des fléchisseurs des phalanges et les ligaments accessoires (brides radiale et carpienne). La lacertus fibrosus est une bande fibreuse qui fait la longueur du biceps brachial reliant son tendon d’origine au tendon du m. extenseur radial du carpe, créant une ligne de force directe entre l’épaule et le métacarpe.





    Hyperextension du carpe :

    Empêchée par la forme des os du carpe et le ligament carpien palmaire.

    Hyperextension du boulet :

    Empêchée par l’appareil suspenseur, les brides du ligament suspenseur et les tendons et ligaments accessoires des fléchisseurs des phalanges.

    Hyperextension du pâturon :

    Empêchée par les ligaments palmaires, le ligament sésamoïdien droit et les tendons et ligaments accessoires des fléchisseurs des phalanges.

    Flexion du pâturon :

    Empêchée par la double attache du tendon du fléchisseur superficiel des phalanges de chaque côté de l’articulation sur les extrémités distale de PI et proximale de PII.


    8.           Structures du pied du cheval et du bœuf

    A)            Cheval

    Le pied du cheval, au sens restrictif, est constitué par le sabot et les structures qu’il renferme qui sont :

    - l’extrémité distale de la phalange moyenne (PII);
    - la phalange distale (PI);
    - les cartilages latéraux (complémentaires) de la phalange distale;
    - l’os sésamoïdien distal (os naviculaire);
    - la bourse synoviale naviculaire;
    - les tendons terminaux des mm. fléchisseurs profond et extenseur commun des phalanges;
    - l’articulation interphalangienne distale et ses ligaments;
    - des vaisseaux et des nerfs;
    - le coussinet digité palmaire (plantaire).

    1-    Sabot :

    Épiderme kératinisé (insensible) recouvrant l’extrémité distale du doigt.
    Comprend :  - paroi
    - sole
    - fourchette

    Paroi :

    Partie visible lorsque le pied est sur le sol.
    (muraille)

    pince :            partie dorsale (antérieure)
    + 60 % de paroi

    quartiers :      parties médiale et latérale
    + 30 % de paroi

    talons :           partie caudale (palmaire/plantaire)
    (angles)           + 10 % de paroi

    Barres :

    Extensions de la paroi à partir de la partie caudale du pied vers la pince. Visibles de chaque côté de la fourchette sur la surface faisant face au sol.

    Couronne :

    Jonction du sabot (paroi) avec la peau.

    Bande périoplique :

    Zone étroite de corne molle adjacente à la couronne. Elle s’élargit quelque peu dans la région des talons.

    Périople :

    Couche mince, luisante recouvrant la face externe de la paroi.

    Sole :

    Surface légèrement concave faisant face au sol entre la paroi et la fourchette.

    Ligne blanche :

    Jonction entre la paroi et la sole.
    (zone blanche)

    Fourchette :

    Structure triangulaire sur la surface faisant face au sol, qui s’avance en direction de la pince. Elle occupe la région centrale de cette surface, dans sa partie caudale.

    sillon central :                         Dépression dans la région centrale.

    sillons collatéraux :      Dépressions profondes séparant la fourchette de la sole et des barres.
    bulbes des talons :       Épaississements de la région caudale de la fourchette adjacente aux talons.

    2.    Derme et structures internes du sabot

    Un bon nombre des structures du pied proviennent d’une modification de la peau. À ce titre, les structures de recouvrement comprennent une couche épidermique externe (sabot) et une couche dermique (derme ou corium) sous-jacente. L’hypoderme rattache le derme au périoste de la phalange distale (PIII).

    Derme (corium) :

    Partie richement vasculaire du tégument dans laquelle sont situées les terminaisons nerveuses, constituant ainsi la partie sensible du pied. Le sabot (épiderme) constitue la partie insensible du pied. Par ses attaches aux structures internes, le derme tient le sabot en place.

    Derme périoplique (bourrelet périoplique) :

    Derme continu avec le derme de la peau au niveau de la couronne. Répond au sillon (gouttière) périoplique de la face interne du sabot. Élabore le périople de la paroi du sabot.

    Derme coronaire (bourrelet coronaire) :

    Bande épaisse située distalement au derme périoplique. Répond au sillon (gouttière) coronaire de la face interne du sabot.
    Les papilles qui le constituent, élaborent la corne de la paroi (membrane kératogène)
    bande coronaire : comprend les dermes périoplique et coronaire et le feuillet germinatif de l’épiderme qui recouvre ces régions.

    Derme laminaire (tissu podophyleux) :

    S’étend du derme coronaire jusqu’à la jonction avec la surface de la sole. Recouvre la phalange distale à laquelle il est rattaché par sa face profonde. Ses papilles sont modifiées pour former des lamelles allongées proximodistalement parallèles les unes aux autres qui s’engrènent avec des lamelles similaires de la face interne de la paroi du sabot. Ces lamelles internes du sabot forment l’épiderme laminaire (tissu képaphyleux). Cet engrenage du derme dans l’épiderme laminaire permet de maintenir le sabot en place.

    Derme de la sole (tissu velouté) :

    Occupe la surface palmaire/plantaire. Répond à la surface interne de la sole. Élabore la corne de la sole (plus molle que celle de la paroi).

    Derme de la fourchette :

    Répond à la fourchette du sabot. Secrète la corne de la fourchette.

    Coussinet digital :

    Masse composée d’un mélange de tissu élastique et de tissu adipeux située entre le derme de la fourchette et la terminaison du tendon du m. fléch. profond des phalanges. Il agit pour “amortir” le choc lorsque l’animal pose le pied sur le sol.

    Cartilages latéraux de la phalange distale :

    Placés de chaque côté de PIII ils sont rattachés également latéraux au coussinet digital. Agissent dans la mécanique de l’amortissement des chocs. Peuvent s’ossifier avec l’âge.

    Fourbure (laminitis, founder) : C’est une inflammation des lamelles internes du sabot (derme laminaire). Cette condition est très douloureuse; le cheval atteint boîtera sévèrement. L’inflammation peut résulter en un désangrènage des lamelles du pied de celles du sabot avec comme résultat une descente du pied à l’intérieur du sabot. Quand la maladie atteint ce point de gravité, l’animal doit être euthanasié.

    B) Bœuf

    Le bovin possède deux doigts fonctionnels par membre. Deux autres doigts non         fonctionnels (très courts, ne supportant pas le poids) sont également présents à chaque membre.

    Les structures du pied du bovin sont à quelques exceptions essentiellement semblables à celles du pied du cheval.

    Onglon :

    Désigne le sabot du bovin recouvrant l’extrémité distale des doigts.
    Épiderme kératinisé de la paroi, de la sole et des talons.
    Surface externe de l’onglon est ondulée alors que celle du cheval est plutôt lisse.
    Présence d’un sillon parapédal (zone de corne mince) sur la paroi axiale de l’onglon. C'est un endroit où peuvent facilement s'infiltrer des saletés/bactéries.

    Sole et talons :

    Semblables au cheval sauf qu’il n’y a pas de fourchette ni de barres.

    Cartilages latéraux :

    Absents.

    Ligaments :

    Chez le bovin, étant donné qu’il y a deux doigts fonctionnels par membre, deux ligaments interdigités, l’un proximal et l’autre distal, préviennent l’écartèlement des doigts. Le proximal est très court et situé entre les phalanges proximales des deux doigts. Le distal est formé de fibres qui s’entrecroisent dans l’espace interdigité, allant de la phalange proximale d’un doigt à la phalange distale de l’autre doigt. Situé à la face palmaire des doigts ce ligament couvre le tendon du fléchisseur profond des doigts qu’il contribue à maintenir en place.

    L’arthrite septique d’une articulation interphalangienne distale chez le bovin peut être traîtée par amputation du doigt atteint, étant donné qu’il restera un doigt sain pour soutenir le poids de l'animal. Cette approche chirurgicale a un meilleur pronostic si l’articulation atteinte est celle d’un membre pelvien puisque l’animal porte 60 % de son poids sur les membres thoraciques. 
    Description: II-OSTÉOLOGIE, MYOLOGIE, ARTHROLOGIE DU MEMBRE THORACIQUE

    0 التعليقات:

    Enregistrer un commentaire