samedi 17 janvier 2015

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MALADIE DES MUQUEUSES (DIARRHÉE A VIRUS DES BOVINS)

By: Dr Vétérinaire On: 11:33
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  • par : Pr. B.MAMACHE

    MALADIE DES MUQUEUSES
    (DIARRHÉE A VIRUS DES BOVINS)
    DÉFINITION
    La maladie des muqueuses est affection bovine, caractérisée surtout par des lésions de la muqueuse digestive, qui évolue en règle générale sur un mode aigu et qui est vraisemblablement transmise par contact. Elle s’extériorise par de l’hyperthermie et de la leucopénie auxquelles font suite divers autres symptômes (inappétence, hypersécrétion salivaire et jetage, érosions et ulcères de la muqueuse buccale et de la peau entre les onglons, diarrhée et déshydratation). L’agent de la maladie des muqueuses est un virus de la famille des Togaviridae. Genre Flavivirus.
    Rq : les termes de « diarrhée à virus » et de « maladie des muqueuses » doivent être considérés comme synonymes.
    PATHOGÉNIE
    La transmission de la maladie des muqueuses au sein d’un élevage se fait par contact.
    L’infection est transmise par la bouche par suite d’une excrétion du virus par la bouche et dans les fèces. Les animaux de 8 mois à 2 ans sont les plus sensibles à l’infection. La majorité des animaux sont porteurs d’anticorps dont les titres n’augmentent pas ou exceptionnellement. Le taux de morbidité est généralement élevé, alors que le taux de mortalité est habituellement d’environ 5%.
    La maladie sévit de préférence en hiver et au début du printemps. Toutefois, dans certains pays les éclosions des foyers s’étendaient sur toute l’année (Angleterre), de plus, les animaux au pâturage et ceux à l’étable sont frappés de la même manière.
    SYMPTÔMES
    La maladie des muqueuses évolue sous deux formes : aigue ou chronique, dont la forme aigue semble plus fréquente que la forme chronique.
    * Lors de la forme aigue, l’incubation est en moyenne de 5 à 9 jours. Les premiers signes morbides sont constitués par une fièvre élevée et de la leucopénie. La fièvre peut rétrocéder au bout de 1 à 2 jours ou bien persister 3 à 5 jours, puis s’installent une hypersialie, des coliques et une diarrhée violente parfois hémorragiques qui peut persister pendant plusieurs jours. On note à ce stade des érosions et des ulcères des lèvres, de la langue, des gencives et du palais.
    Les lésions peuvent siéger sur le mufle, les narines, la vulve et assez souvent entre les onglons. Les lésions buccales guérissent parfois de manière extraordinairement rapide. Les symptômes généraux sont les suivant : inappétence totale, soif intense, abattement, cessation de la lactation et de la rumination, amaigrissement et déshydratation. Les femelles gravides peuvent avorter à la suite d’une infection infra-clinique.
    * La forme chronique se développe soit après une forme aigue soit après une infection infra-clinique. La maladie revêt alors une évolution s’étendant sur des mois et elle est caractérisée par des accès fébriles et des crises de diarrhées répétées, les ulcérations de la cavité buccale et de la peau entre les onglons, l’amaigrissement, le tarissement de la sécrétion lactée et les avortements.
    LÉSIONS
    Les lésions présentent de grande différence d’un foyer à l’autre, d’un animal à l’autre. Les lésions du tractus digestif occupent le devant de la scène. Des érosions et des ulcères se rencontrent au niveau de la muqueuse de la bouche, de l’œsophage et de la caillette, plus rarement sur le rumen, le réseau et le feuillet. Les érosions sont précédées par des soulèvements gris ou brunâtres de la muqueuse. Le contenu de l’intestin grêle et du gros intestin est aqueux et nauséabond. Il renferme du mucus et des caillots sanguins. La muqueuse est congestionnée, œdémateuse, semée d’hémorragies et d’ulcérations épithéliales qui siègent le long du tube digestif. Des érosions et des ulcères se situent assez souvent au niveau des espaces interdigités. Elles peuvent se retrouver sur les lèvres, le mufle, la muqueuse nasale, les lèvres de la vulve, le pharynx et le larynx. Les lobules antérieurs des poumons peuvent présenter des foyers de pneumonies. Les autres organes ne montrent généralement pas de lésions visibles.




    Les lésions microscopiques sont très démonstratives des lésions macroscopiques du tube digestif.
    Le processus se déroule tout d’abord dans les couches superficielles et ils sont marquées par une dégénérescence hydropique ou vacuolaire du cytoplasme et par des lésions nucléaires de régression et surtout par de la pycnose.
    DIAGNOSTIC
    Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une infection à virus de la diarrhée. Cette mise en évidence peut être obtenue par divers procédés :
    * Isolement du virus : les prélèvements sont constitués le plus souvent, sur l’animal vivant par le sang et les fèces, sur le cadavre par la rate, les ganglions mésentériques et les fragments d’autres organes.
    * Séro-neutralisation effectuée sur une paire de sérums : Les deux sérums sont prélevés, l’un si possible au début de l’affection, l’autre après un délai de 2 à 3 semaines. Les deux sérums sont mis en jeu dans une réaction de séro-neutralisation utilisant environ 100 DI 50 pour cultures cellulaires d’un virus cytopathogène (VD-virus). La montée des anticorps est considérée comme significative pour le diagnostic lorsque le titre d’anticorps du second sérum est le quadruple de celui du premier.
    Le diagnostic ne donne pas de renseignements utiles sur la maladie des muqueuses. Cette dernière n’est pas distinguable cliniquement de la peste bovine.
    ·         Diagnostic différentiel :
    La constatation d’érosions peut éveiller une suspicion de fièvre aphteuse. Cependant, lors de la maladie des muqueuses les érosions ne sont pas précédées de la formation de vésicules.
    Dans le diagnostic différentiel, il faut tenir compte de la rhino-trachéite infectieuse, du coryza gangréneux, de la stomatite vésiculeuse, de la fièvre Q ou coxiellose, de l’hyperkératose et les intoxications alimentaires par des toxiques chimiques.
    TRAITEMENT
    Toute thérapeutique dirigée contre la maladie des muqueuses est illusoire. Suivant les cas, un traitement symptomatique judicieux peut être appliqué. Les ATB et surtout ceux à large spectre d’activité sont utilisables mais ils demeurent sans influence sur le virus lui-même.
    PROPHYLAXIE
    La maladie des muqueuses ne fait pas partie des maladies à déclaration obligatoire. Lors de foyers de la forme maligne, les autorités vétérinaires compétentes peuvent dans les régions atteintes, ordonner des restrictions temporaires du trafic des animaux et une désinfection des écuries et des véhicules de transport. Aucun moyen spécifique de lutte, le sérum hyperimmun ou vaccin existant, contre la maladie des muqueuses. Le vaccin est surtout destiné à protéger des élevages de valeur.
    Après vaccination ou guérison, la maladie des muqueuses laisse derrière elle une immunité. Celle-ci n’est pas parfaite, car chez certains animaux apparemment guéris, les ulcérations peuvent récidiver.


    Description: MALADIE DES MUQUEUSES (DIARRHÉE A VIRUS DES BOVINS) DÉFINITION La maladie des muqueuses est affection bovine, caractérisée surtout par des lésions de la muqueuse digestive, qui évolue en règle générale sur un mode aigu et qui est vraisemblablement transmise par contact. Elle s’extériorise par de l’hyperthermie et de la leucopénie auxquelles font suite divers autres symptômes (inappétence, hypersécrétion salivaire et jetage, érosions et ulcères de la muqueuse buccale et de la peau entre les onglons, diarrhée et déshydratation). L’agent de la maladie des muqueuses est un virus de la famille des Togaviridae. Genre Flavivirus. Rq : les termes de « diarrhée à virus » et de « maladie des muqueuses » doivent être considérés comme synoymes.

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